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  • 2016

    jeu

    13

    Octobre

    21 h 00

tout public

Rencontre avec Daniel Kawka

Trois oeuvres marquantes viennent constituer la trame sonore et la poétique du présent concert montrant ainsi toute la puissance d'invention et l'imaginaire sans limite de Gérard Grisey, associant à une conception formelle sans cesse renouvelée une poétique du timbre, du spectre sonore inédite, offrant une musique inouïe au sens littéral du terme. 

 

Avec Périodes, 2ème pièce du grand cycle des "espaces acoustiques" sis entre Prologue et Partiels, et son effectif instrumental sans piano, le compositeur joue subtilement sur un phénomène d'instants sonores analogues à la respiration humaine. Micro changements, nouvelle évolution, "nouveau décollage", périodicités s'installent, "floues" cependant, non mécaniques, comme le battement de coeur, comme la marche. Partition intime où selon l'auteur lui même "le quatuor à cordes joue un rôle essentiel et délicat".

 

"D'un point de vue perceptuel, la première partie de Talea apparaît, dit l'auteur, comme un processus implacable, véritable machine à fabriquer la liberté qui émergera dans la seconde parti". Le processus de cette dernière fait de rappels et de colorations nouvelles explore les territoires sonores jusqu'à faire oublier la source initiale. "Ces fleurs sauvages, ces herbes folles poussées dans les interstices de la machine, croissent en importance puis débordent jusqu'à donner aux sections qu'elles ont parasitées de l'intérieur une coloration tout à fait inattendue".

 

Quant à Vortex, l'oeuvre s'impose comme un des monuments de la création contemporaine. Les 20 ans qui séparent cette oeuvre de Périodes montrent combien l'auteur a trouvé les clés de son propre langage.

 

Un piano désaccordé au quart de ton rend possible distorsion du timbre de l'instrument et integration plus organque de l'univers microtonal qui préside à l'oeuvre. La formule tourbillonnaire initiale issue de Daphnis et Cloé de Ravel pose le décor. "Dans Vortex Temporum, trois archétypes sonores vont circuler d'un mouvement à l'autre dans des constantes de temps aussi différents que celui des hommes (temps du langage et de la respiration), celui des baleines (temps spectral des rythmes du sommeil) et celui des oiseaux ou des insectes (temps contracté à l'extrême où s'estompent les contours). Ainsi, grâce à ce microscope imaginaire, une note devient timbre, un accord devient complexe spectral et un rythme une houle de durées imprévisibles."