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  • 2016

    sam

    19

    Novembre

    16 h 00

tout public

Rencontre avec Daniel Kawka

Le Marteau sans Maitre est inconstestablement l'oeuvre la plus emblématique de la seconde moitié du XXè siècle, comme le fût Le Sacre du printemps en son temps au tournant de ce même siècle. La poésie de René Char y sert de support, de texte et de prétexte pour porter une écriture vocale faite de courbes et de circonvolutions qui font éclater le mot, glissant d'une couleur du sens à une couleur du son. L'organisation en une forme tressée des trois poèmes, leur forme se répondant et se complétant à distance, participent du mystère et de la force magnétique de l'oeuvre. Le son diffracté par des lignes instrumentales véloces, épousant de larges intervalles, grands écarts de hauteurs, hachurées; donnent le sentiment de la projection spatiale d'une gerbe de timbres, le tout unifié par une pulsation quasi incantatoire. Quant aux instruments employés, le miroitement des couleurs, l'opposition entre les sons résonants et les sons brefs des pizzicati d'alto, des peaux et claviers à lamelles de bois, l'union mélodique entre voix, flûte, alto et la référence à des instrumentariums extra européens invite au voyage, des sons, des sens parfois, des sensations. Enfin la flexibilité du tempo, ses accélérés et ralentis, ses suspensions sont des gestes quasi théâtraux, hypnotiques. Cette musique  s’écoute et se regarde avec le même plaisir tant le jeu instrumental, digital est chambriste, connecté, hypnotique.