Cycle Mahler
Symphonies n°1, n°5 et n°7
Transcriptions Klaus Simon
« Mahler est à la fois le père d’une forme de modernité musicale du XXe et XXIe siècle mais aussi l’un des compositeurs qui permet le mieux de travailler la beauté instrumentale et la texture orchestrale »
Pourquoi un « cycle Mahler » avec un ensemble de musique contemporaine ? Parce que Mahler était d’abord un musicien « extrêmement » contemporain pour son époque ! Un musicien de l’hétérogène qui n’hésitait pas à s’inspirait de chants populaires venant de toute tradition, de la nature qui l’environnait, de l’héritage de l’Histoire de la musique. Par ce côté totalement « synthétique », il apparait donc comme un musicien d’aujourd’hui. C’était aussi l’explorateur de nouvelles formes, particulièrement développées et, de fait, l’adepte d’une certaine forme de radicalité.
Mahler a aussi une filiation très forte dans la musique, notamment auprès du « père fondateur » de la seconde école viennoise : Arnold Schoenberg. Pierre Boulez lui-même fut l’un de ses plus grands interprètes à la fin du XXe siècle et au début du XXIe. Et puis, il y a un intérêt « interne » à l’Ensemble, qui concerne directement nos magnifiques solistes. Celui de travailler la beauté du son, sa profondeur, la mise en relation des instruments entre eux. Les symphonies de Mahler sont écrites pour grandes formations. Là, nous parlons de réduction. Mais justement ! Ces réductions exigent des musiciens un effort très particulier pour que l’auditeur retrouve une forme de texture orchestrale alors qu’il n’y a qu’une quinzaine de musiciens au plateau.
Mahler est à la fois le père d’une forme de modernité musicale du XXe et XXIe siècle mais aussi l’un des compositeurs qui permet le mieux de travailler la beauté instrumentale et la texture orchestrale. Entre tradition et grande modernité Mahler s’impose à l’Ensemble Orchestral Contemporain. Bruno Mantovani
Des concerts et un disque
Mahler composa au cours de sa vie neuf symphonies, et en laissa une dixième inachevée. Ces symphonies lui furent inspirées par diverses sources littéraires, de Titan de Jean Paul pour la Symphonie n°1 à Faust II de Goethe pour la Symphonie n°8 ; des interrogations spirituelles et religieuses ; la recherche de la beauté ou encore le deuil. Plusieurs de ces symphonies furent l’objet de réductions, notamment par Erwin Stein et Klaus Simon, qui les arrangèrent et les transcrivirent pour orchestre de chambre.
L’EOC commence son cycle Mahler en concert en 2024, avec la Symphonie n°1 dite « Titan » de 1888 et le poursuit en 2025 avec la Symphonie n°5, puis en 2026 avec la Symphonie n°7 dite « Le Chant de la nuit », toutes trois arrangées et transcrites par Klaus Simon. La Symphonie n°5 est reprise en 2026 à l’occasion de deux concerts qui mettent en lumière la finesse du travail de réduction de Klaus Simon et la précision de l’Ensemble Orchestral Contemporain.
Le cycle Mahler de l’EOC s’étend à la production discographique, avec l’enregistrement de la Symphonie n°4 de 1900, sortie en 2016 sous le label Musicaphon. Retranscrite et arrangée par Erwin Stein en 1921, cette version allégée de la Symphonie n°4 pour quatuor à cordes, contrebasse, flûte, hautbois, clarinette, piano, harmonium et percussions, constitue un équilibre parfait entre une relecture pointilliste de la partition et le souci de préserver la ligne mélodique d’ensemble.
Klaus Simon & Erwin Stein
Klaus Simons
Le pianiste et chef d’orchestre allemand Klaus Simon, qui est né en 1968 à Überlingen, s’adonne depuis de nombreuses années à un exercice que les puristes réprouvent et accusent de tous les maux : l’arrangement. Pour Klaus Simon, il y va là d’une activité artistique à part entière et, s’il en a fait sa spécialité, c’est dans le but, déclare-t-il, « de montrer davantage la richesse plastique et sonore de certaines grandes œuvres du répertoire ». Le compositeur qu’il aime arranger par-dessus tout n’est autre que Gustav Mahler. Il transcrit ici la Symphonie n° 5 qu’il donne en première avec son propre orchestre, le Holst-Sinfonietta.
Les arrangements de Klaus Simon pour les Symphonies n° 1, 4, 5 et 9 de Mahler ont déjà été joués dans de grandes salles de concert internationales. Sa version réduite de la Symphonie n° 5 de Mahler (pour 19 musiciens) a été achevée en 2014.
Erwin Stein
Stein travaille comme chef d’orchestre avant la Première Guerre mondiale. En 1918, Schoenberg fonde la Société des exécutions musicales privées, qui présente des compositions modernes (de Mahler à nos jours). Stein fut l’un de ses principaux assistants dans ce projet qui fonctionna pendant quelques années jusqu’à ce qu’il rencontre des problèmes financiers. Les œuvres interprétées devaient souvent être arrangées pour les forces réduites dont disposait la Société. Stein entreprit des arrangements, par exemple, en 1921, il arrangea la Symphonie n° 4 de Mahler pour 15 musiciens. (Crescendo)