Joan Magrané Figuera
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Date de création
2018
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Date de composition
2017
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Durée
12'
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Effectif détaillé
Flûte, hautbois, clarinette, harpe, violon, alto, violoncelle
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description
Commande de la Casa de Velázquez
Création le 7 mai 2018 au musée national Centro de Arte Reina Sofia, Madrid, Espagne, par l’Ensemble Orchestral Contemporain sous la direction de Daniel Kawka
La Faula que nous présente Joan Magrané Figuera prend pour référence le roman homonyme du poète majorquin Jaume C. Pons Alorda. Le compositeur s’était déjà inspiré du travail d’Alorda pour son quatuor de saxophones Estris de llum, en 2017, à la lecture du premier volume de la trilogie Tots els sepulcres. Loin de vouloir expliciter la narration, la pièce cherche avant tout à utiliser les idées et l’univers esthétique d’Alorda afin d’en imaginer la structure, la texture et le son. Toujours excessive, l’écriture d’Alorda est parfois trépidante, parfois contemplative. Elle est multiple, imprévisible et riche. C’est cette richesse que Joan Magrané Figuera a cherché à traduire par un jeu de contrastes, parfois abruptes, qui fait s’alterner des sections de grande fougue et d’énergie animale et des fragments radicalement désertiques, crus, excessifs par leur lyrisme, leur intensité et leur concentration. Ces sections sont au nombre de quatre : la première (Mosso, con foco) qui inaugure la pièce, est une ligne ascendante enflammée, tremblante et changeante ; la deuxième (Poco più mosso) apparaît toujours après un silence total et contient la même ligne ascendante qui explose avec un élan féroce ; la troisième section (Sospeso) est un chant nu et désolés aux extrémités du registe des instruments ; enfin, la quatrième (Un poco danzado) est la plus courte et la plus concentrée, présidée par une homophonie subtile et ondulante des instruments à vent. Chacune de ces sections apparaît tout au long de la pièce, à la manière dont les chapitres du roman sont organisés, se développant en eux-mêmes et empruntant les uns aux autres des éléments qui se transforment et se métamorphosent. Comme si la «fable» en question se matérialisait, nous était racontée, transformée en chanson, en son, en vibration.
Éditions Durand