Paul Hindemith
-
Date de composition
1918
-
Durée
20'
-
Effectif détaillé
Violon et piano
-
description
Contemporaine immédiate, mais à bien plus grande échelle, de la Sonate en mi bémol majeur, la Sonate pour violon en ré majeur, op. 11 nº 2, fut créée le 10 avril 1920 par le violoniste Max Strub et le pianiste Eduard Zuckmayer. Avec son plan complet en trois mouvements, elle se rattache peut-être davantage à la tradition romantique et à ses manifestations tardives, qui marquèrent la musique de Max Reger et l’impressionnisme debussyste. Le mouvement d’ouverture animé, pour l’essentiel en ré mineur, arbore la curieuse indication expressive, presque schumannesque, «Mit starrem Trotz» («avec une défiance froide»). Le volubile et combatif thème inaugural, entendu pour la première fois dans un incisif unisson aux deux instruments, se voit opposer un second sujet plus doux, plus élégant, peut-être debussyste. Le développement autorise une bouffée de danse populaire avant de virer résolument à la tempête; la coda est encore bravache et endurcie.
Par contraste, le mouvement lent est une énonciation calme et lyrique, du moins au début, car bientôt il s’agite et s’enfièvre, son expansive écriture violonistique et pianistique rappelant les racines romantiques de son auteur. Ce n’en est pas moins un mouvement bien tourné, impressionnant, qui illustre le don du jeune Hindemith pour la mélodie expressive.
Le finale, à jouer «dans le tempo et le caractère d’une danse rapide», est un épisode enjoué, solidement mélodieux, qui n’est pas sans rappeler, surtout lorsqu’il verse dans un séduisant sujet contrasté, la musique qu’Erich Wolfgang Korngold, le jeune rival de Hindemith, composa pour Much Ado About Nothing. Hindemith, lui, modernise des formes de danse baroques et termine dans la joie cette œuvre remarquablement attrayante. Malcolm MacDonald