Symphonie de chambre n°1 op.9

Symphonie de chambre n°1 op.9 / Arnold Schoenberg
1874 - 1951 - Autriche

Arnold Schoenberg

1874 - 1951 - Autriche
  • Date de création

    1914

  • Date de composition

    1906

  • Durée

    22’

  • Effectif détaillé

    Flûte (aussi piccolo), hautbois, cor anglais, clarinettes (3), bassons (2 dont 1 contrebasson), cor (2), violon (2), alto, violoncelle, contrebasse

  • description

    Même quatre-vingt ans après sa composition, le choc qui provient de cette première Symphonie de chambre reste sensible : à la limite de la tonalité, elle semble mettre un point final définitif à tout une histoire qui a commencé à Vienne. Elle le fait dans une synthèse extrêmement concentrée et réduite à l’essentiel.

    L’œuvre reprend l’ambition formelle des grandes symphonies romantiques en aiguisant les frictions harmoniques et en réduisant la durée à 22 minutes et l’effectif à quinze instruments solos, ce qui est particulièrement significatif pour les cinq cordes qui n’ont plus la force étoffée des cordes d’un grand orchestre symphonique. […]. L’unité très synthétique et construite de l’œuvre se manifeste dans une forme en un seul mouvement qui reflète, avec une certaine distance, la forme élargie d’une symphonie classique : ainsi un scherzo (« très vite ») se trouve-t-il intercalé entre l’exposition et le développement, tandis qu’un « mouvement lent », qui se distingue nettement de son entourage par son tempo typique, suit le développement avant qu’une reprise ne présente les thèmes de l’exposition dans un ordre différent. Ici, la forme d’un mouvement de sonate se superpose à la forme d’une symphonie entière. La concentration des moyens ne fait que davantage sentir les forces centrifuges, voire explosives de l’œuvre. […]

    « Chez moi, il n’y a pas d’expressivité moyenne », écrit Schoenberg à Mahler en 1904. Du même coup, l’« expressivité » devient un élément isolé qui ne se justifie plus par un contexte de grande forme comme la sonate ou la fugue. Elle devient spontanée (Rihm) ou factice (Pernes), si elle ne se transforme pas en d’autres formes d’expression qui dans la musique d’aujourd’hui n’ont plus de lieu exclusif, fût-ce Vienne. L’expression devient mobile aussi, et sa métamorphose n’est pas une disparition. Klaus Stichweh

    Éditeur : Universal Edition