Symphonie n°1 en ré majeur op.25

“Symphonie classique”

Symphonie n°1 en ré majeur op.25 / Sergueï Prokofiev
1891 - 1953 - Russie

Sergueï Prokofiev

1891 - 1953 - Russie
  • Date de composition

    1917

  • Durée

    15'

  • Effectif détaillé

    Flûte, hautbois, clarinettes (2), basson, cor, trompette, violon (2), alto, violoncelle, contrebasse

  • description

    Œuvre jouée par l’Orchestre National d’Auvergne et l’Ensemble Orchestral Contemporain

    Quand il élabore le projet de cette symphonie, Prokofiev […] accomplit un acte fondateur, non seulement d’une œuvre symphonique à venir, mais également d’une esthétique et d’une approche de la composition particulières. Le texte qu’il écrivit une vingtaine d’années plus tard, dans un opuscule autobiographique, mérite d’être cité : « Je passais l’été dans les environs de Pétersbourg, tout à fait seul, je lisais et je travaillais beaucoup. Je n’avais pas fait déplacer le piano à la datcha, dans le but de composer sans lui. Jusque-là je composais au piano, mais je remarquai un jour que le matériau thématique composé sans l’aide de l’instrument était souvent de meilleure qualité. […] Je conçus le projet de composer toute une œuvre symphonique sans piano. Ainsi naquit le plan d’une symphonie dans le style de Haydn, parce que la technique de ce compositeur m’était devenue particulièrement claire, fruit de mon travail dans la classe de Tcherepnine [professeur de direction d’orchestre de Prokofiev au conservatoire de Petrograd]. » Prokofiev explique ensuite qu’il a choisi le titre de l’œuvre « par espièglerie », pour « taquiner les oies » et « dans l’espoir secret d’être finalement gagnant, si la symphonie paraît vraiment classique. »

    Concision, orchestration légère faisant appel à l’effectif de l’époque classique avec les vents par deux, parcours tonal simple, matériau fondé sur les gammes et les arpèges, écriture discrètement ornementée : autant de traits qui appartiennent effectivement au style classique, auxquels le compositeur ajoute des éléments personnels, inscrivant l’œuvre dans le XXe siècle et inaugurant, deux ans avant Pulcinella de Stravinski, le néo-classicisme musical. […] Le finale en ré majeur emporte l’auditeur dans le mouvement d’une contredanse enjouée et volubile. Moins sage que le premier mouvement, il impose à l’orchestre une cadence endiablée, des traits piquants et humoristiques qui démarquent nettement l’œuvre de son modèle. Un thème aux accents folkloriques passe à la flûte, heureuse rencontre, comme le souligne I. Nestiev, le premier biographe de Prokofiev, entre le style classique et le melos russe. Anne Rousselin