Effectif détaillé chœur d'enfants / conteur / flûte / clarinette / saxophone / violoncelle percussions/ percussions

Date de composition 1996

Durée 30 minutes

Crées le 21 juin 1996 à Champagne-sur-Oise (Val d’Oise), les trois contes traditionnels inuits retranscrits par Jacques Pasquet Rêves Nordiques, ont été commandés au compositeurs Hugues Leclair par le pianiste Thierry Ravassard et la Municipalité de Champagne-sur-Oise pour son École Municipale de Musique.

L’idée de départ consistait à créer un espace de rencontre entre l’imaginaire d’un peuple du froid arctique, et celui d’un compositeur québécois séjournant dans la douce France (mais ayant vécu sur la banquise des Îles-de-la-Madeleine au Québec avant son arrivée dans l’hexagone).

Le thème, bien sûr, était – et reste d’ailleurs – très attirant pour des enfants d’âge scolaire participant au chœur : grands espaces vierges et teintés de tous les blancs imaginables, sauvagerie du climat, courage et patience des habitants, imagerie de la nature et des animaux du grand nord, etc.
Ceci dit, il serait limitatif de n’entrer en contact avec cette oeuvre que sous cet angle exotique, qui se révèle le prisme déformant d’une culture – la nôtre – dont nous arriverions pas à nous détacher. Sans doute, les mélodies originelles des chasseurs, des pêcheurs, des mères berçant leur nouveau-né, transcrite dans notre notation occidentale et composées d’après les gestes de notre tradition d’écriture, se trouvent déformées. Evidemment, le conte, dans la langue de Molière, perd de nouveaux accents, très différents de la version d’origine en Inuktituk [sic.].
Toutefois, vivant moi même cette langue française dans l’espace nord-américain, je sais d’expérience que les rencontres du symbolique (la langue) et de la nature sont et seront toujours multiples et réinventées.
Et c’est sans doute la naissance d’oeuvre musicale au carrefour de ces imaginaires qui est, tout simplement, la manifestation très actuelle d’une planète dont les habitants sont plus proches que jamais. Et dont la multiplicité des expressions est une richesse à laquelle je désire porter la plus grande attention.

Hugues Leclair 
Québec, le 17 mars 2000